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| | | Quelques heures avant l'exécution. | |
| | Auteur | Message |
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Gérard Le Rêveur.


Messages : 125 Puissance : 4444 Date d'inscription : 22/05/2010 Localisation : Hors du système.
Feuille de personnage Race: Humain Classe: description: Il a un tatouage au dessus de l'oeil droit, et il dort très souvent.
 | Sujet: Quelques heures avant l'exécution. Mer 29 Juin - 21:51 | |
| La lande s'éveillait lentement au rythme des pas des compagnons de fortune, liés par une fatigue commune. Le soleil perçait doucement à travers l'horizon, guidant leurs pas vers la plus grande cité du monde connu. La rosée du matin était encore fraîche et mouillait leurs bottes. Quand la cité fut enfin en vue, Túrin décida de faire une halte. Les amis se posèrent à l'ombre d'un grand arbre, car même si le soleil n'était pas haut dans le ciel, ce début d'été procurait une chaleur étouffante, par moments. Gérard, Laly, Owein, Ryooo et Túrin posèrent leurs bagages. Eliot et Carrock étaient là, eux aussi. Ils n'étaient qu'à une, au grand maximum deux heures de marche de Deux-cent-tours. Leur mission était de sauver Kalannar de l'exécution injuste qu'il allait subir.
Gérard s'était assis contre un tronc d'arbre. Doré les avait transporté toute la nuit. A cause de la vitesse de son vol, ils n'avaient pu échanger de parole durant la traversée. Mais ç'avait été une expérience fascinante que de découvrir l'odeur des nuages, l'ivresse des manoeuvres du dragon dans le ciel étoilé... Ils avaient tous conscience d'avoir vécu quelque chose d'unique. Puis, le dragon s'était posé sur le sol à l'aube, de peur d'être aperçu par les habitants des plaines. Les compagnons (qui s'étaient endormis durant le voyage) s'en étaient séparés, avec sa promesse qu'il reviendrait les assister dès que possible. Gérard prit finalement la parole :
<<Je suis fort heureux que vous m'ayez suivi jusqu'ici. J'admire grandement votre bravoure. Mais à présent, nous sommes proches de Deux-cent-tours, et quoi qu'il arrive, je voudrais que vous sachiez que ce fut un grand plaisir que celui de vous rencontrer... -C'est faux, Gérard. Tout le plaisir est pour moi. Malgré mon extrême vieillesse, votre venue rafraichissante, à tous, m'a redonné force et espoir. Nous avons encore un peu de temps devant nous, peut-être pourrions-nous nous occuper un peu ?>>
Il était vrai que quelques heures restaient à compter avant l'exécution de Kalannar. Ils allaient pouvoir avoir une réelle discussion, une discussion normale, peut-être. | |
|  | | Owein Gai luron


Messages : 96 Puissance : 4170 Date d'inscription : 03/05/2010 Localisation : Là où mes pieds me guident...
Feuille de personnage Race: Animalitos Classe: ménestrel description: Ce jeune éphèbe ne semblant pas dépasser les 25 ans, au visage et à l'attitude avenante, recouvert de bracelets et de colliers en cuir, bois ou plumes est toujours vêtu d'une cape de voyage et d'habits faits pour la marche. Sur son dos, un sac en bandoulière d'où dépasse tantôt le pommeau d'une épée, le manche d'un luth ou le bec d'une flûte.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Jeu 21 Juil - 3:06 | |
| https://www.youtube.com/watch?v=4TBRD7_0hSY&feature=relatedOwein fit jouer ses épaules pour bannir de ses muscles les douleurs dues à son sommeil léger sur le dos de Doré. Il posa sa lourde besace sur le sol, et en tira des protections en cuir qu'il noua à ses bras, ses jambes et à son torse. Ses gestes semblaient bien assurés pour le simple ménestrel efféminé apparent aux premiers abords. "Le temps pour les vêtements de marche et de repos n'a plus lieu d'être désormais. La mélodie binaire de la marche laisse place au rythme ternaire des combat. J'espère que nous serons tous encore en vie pour l'accord final!-Etrange, il me semblait que tous les poètes étaient anti-violence..."L'Animalitos ria franchement, avant de répondre à Túrin: "Les plus belles des odes ne sont-elles pas les Chansons de Geste et les chroniques guerrières à la gloire des vainqueurs? En réalité, malgré les apparences, le sang et l'encre sont intimement liés. Le poète crée, le guerrier détruit: c'est une boucle sans fin et nécessaire."Ayant fini de nouer les laçets de ses protections, Owein saisit son épée et la noua à sa ceinture. Alors qu'il se nouait les cheveux pour élergir son champ de vision, il donna un coup de pied dans son sac, qui tomba sur le flanc, vomissant les sept masques de théâtres classiques répandus à travers l'Empire. Le premier était un visage coloré fendu d'un immense rire. Le second, rouge et hargneux, représentait à la fois la haine et la vengeance. Le troisième, couvert de rides, bleu nuit, pouvait signifier la sagesse ou le sérieux. Le quatrième, aux formes carrées et lumineuses, était porté soit par un personnage empli d'un désir de justice soit par un amoureux. Le cinquième, grotesque, malfait, représentait la sénélité, l'idiotie ou encore la crédulité. Le sixième avait une aussi grande bouche que le premier, mais inversé, et de grandes larmes coulaient de ses yeux. Enfin, le dernier, d'un marron sale, au nez crochu, au menton en galoche et aux yeux fronçés, représentait le mal, mais également l'égoïsme, l'avarice, la sournoiserie et le mensonge. C'est le premier qu'Owein attacha autour de sa tête, et il enjoignit à ses compagnons de faire de même s'ils ne souhaitaient pas se retrouver en tête de liste des individus les plus recherchés du pays, avec une voix légèrement déformée par le masque. Túrin ne se fit pas prier, retira son heaume surmonté d'un dragon et enfila le masque colérique. "Vous êtes clairvoyant, Owein, certains historiens auraient eu la berlue en me voyant arriver coiffé de mon heaume, et cela m'aurait attiré certains ennuis par la suite... Pour cette même raison, Doré ne participera pas à l'opération. Finnissez de vous préparer, que nous puissions organiser l'attaque." | |
|  | | Gérard Le Rêveur.


Messages : 125 Puissance : 4444 Date d'inscription : 22/05/2010 Localisation : Hors du système.
Feuille de personnage Race: Humain Classe: description: Il a un tatouage au dessus de l'oeil droit, et il dort très souvent.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Jeu 21 Juil - 20:24 | |
| L'air frais sembla faire frissonner Gérard, tandis qu'il se penchait lentement sur les masques d'Owein. Il se baissa et s'empara du troisième masque, le sérieux, qui ne lui correspondait pas forcément, mais c'était l'ordre naturel des choses. Il le fixa intensément, avant de déclarer qu'il n'en aurait pas besoin.
<<Après tout, mon visage est déjà caché par cette capuche, et je ne tiens pas à m'encombrer d'une barrière supplémentaire. J'espère également que vous n'aurez jamais la possibilité de voir ce qui est présent dessous, et j'en suis le premier désolé. L'idée d'utiliser ces masques était une bonne idée, Owein, mais il est cependant regrettable que vos agréables traits ne soient dissimulés sous un masque. Je guette le temps qui viendra où vous devrez vous en défaire, car j'apprécie votre finesse. Mais passons. Dans cette "bataille", je ne lèverai la main sur quiconque, et je pense qu'il est déjà fort dommage de devoir en arriver à cette extrémité. -C'est votre choix, Gérard. Mais vous savez bien que vous ne pourrez pas éternellement fuir, et vous connaissez mes pensées à cet autre sujet.>>
Gérard ne répondit rien, car un coursier s'approchait. Il était à cheval et semblait exsangue. Il était probable qu'il avait chevauché toute la nuit sans se reposer ; il avait grand-soif. Gérard, dans un élan de générosité, lui porta une gourde aux lèvres, et l'homme but son plein. Suite à quoi le coursier le remercia avant d'expliquer le but de sa course.
<<J'apporte de terribles nouvelles au château. Vous êtes d'étranges voyageurs, vêtus de masques, mais vous m'avez fait grâce d'un peu d'eau, c'est pourquoi je vais vous dire. Je tiens de source sûre que la princesse Héloen va être exécutée ce jour ! Il faut que j'en avertisse mes camarades parmi la populace au plus vite, c'est pourquoi je prends congé de vous aussitôt ! -Attendez un instant, messire.>>
Túrin s'était pris la tête entre les mains suite à la nouvelle. Owein observait un silence grave, et Gérard ne semblait pas décontenancé pour un sou. Laly dormait encore. Quant à Ryooo, il ne tenait littéralement plus en place.
<<Je viens avec vous. Cédez-moi votre cheval, je pars dans l'instant. -Mais... Allons...! -Que dites vous de ceci en échange ?>>
Gérard tenait une lourde et pesante bourse. Elle valait bien un destrier de la meilleure race et dans une forme des grands jours. Il la jeta simplement dans les mains du coursier, qui s'agenouilla devant l'homme à la capuche pour le remercier, et puis il détala sans demander son reste. Quant à Ryooo, il grimpa à sa place.
<<Il n'est nulle besoin de prononcer la moindre parole, Ryooo. Je connais vos sentiments. Allez au château, attendez nous-y. Récoltez des informations, mais n'agissez pas seul. Vous n'êtes pas assez stupide pour mettre votre vie en danger, de toute manière. Nous la sauverons.>>
Et Ryooo s'en fut. Un silence de plomb tomba sur le petit groupe. C'était une nouvelle très grave, et elle semblait fondée. Ce fut Túrin qui semblait en être le plus affecté.
<<Cet imbécile d'empereur, lèvera-t-il le moindre petit doigt pour sauver sa propre nièce ?! -J'avoue ne pas comprendre les motifs de cette exécution. Kalannar qui est mis à mort pour une simple bagarre, et maintenant une princesse... -Nous trouverons les réponses à nos questions sur place. Tenons-nous en au plan.>>
Ils fermèrent les yeux, troublés. Un vent froid traversait les collines, glaçant leur sang. Et la jeune fille claquait des dents dans son sommeil.
Malgré le long moment qui s'était passé depuis la rencontre de Gérard et de Laly, il n'avait jamais osé faire acte pareil. Il s'était contenté de paraitre froid et distant, sans prendre la moindre initiative ni agir de façon spectaculaire. Il était demeuré une ombre sans le moindre attachement, disparaissant dans les ténèbres. Mais venait une heure où les masques devaient tomber et se fracasser en lambeaux sur le sol. Cette heure, il le savait, serait propice au dévoilement de son identité.
<<Un jour vous saurez.>>
Sa main noire et gantée attrapa la broche qui attachait sa cape et la défit. Lentement, le grand morceau de tissu parut se mouvoir avec une certaine prestance fantomatique. Owein crut un moment qu'il pourrait enfin apercevoir le véritable visage de Gérard. Ce dernier attrapa sa cape et l'enleva, avant d'en recouvrir les épaules de Laly, endormie, frissonnante. Cette couverture improvisée lui tiendrait chaud contre le vent frais du matin. Une étrange petite idée vola jusque dans les pensées d'Owein, qui observa fermement la silhouette de Gérard. Il était comme sous sa cape, vêtu d'un simple pantalon, d'une longue chemise blanche, et du masque triste (le premier qui lui était tombée sous la main) qui recouvrait son visage. La ceinture qui portait son épée était également visible. Mais il n'avait jamais eu besoin de se servir de ce glaive jusqu'à présent. L'homme sans visage tournait le dos au ménestrel, et celui-ci put voir ses cheveux l'espace d'un instant. Instant qui fut très bref, car Gérard s'était déjà emparé d'une cagoule noire afin d'en recouvrir toutes les parties exposées. Pas une seule parcelle de sa peau n'avait été exposée dans le processus, puisque le col de sa chemise montait haut, et de toute manière il avait été assez rapide pour que l'on ne vit absolument rien. Mais pendant cette petite seconde, Owein eut l'impression d'avoir déjà vu Gérard.
<<Ce n'est que provisoire, je m'en déferai à la seconde où je récupèrerai ma très chère cape. J'espère qu'Eulalie se réveillera de son long rêve. Plus important... Owein, à quoi pensez-vous ? Vous entrainer dans cette aventure n'est pas sans risques. Vous aussi, vous voulez éclaircir ce mystère ?>>
Túrin caressait affectueusement Eliot. En sa compagnie, tous les animaux étaient sereins, apaisés, lui vouant une totale confiance. Un oiseau alla même jusqu'à se percher à son épaule pour y entonner son refrain préféré. Car déjà le soleil se levait, et d'une aurore embrasée, le ciel passa à un bleu placide mais élégant. Le matin.
Dernière édition par Gérard le Lun 6 Fév - 18:01, édité 1 fois | |
|  | | Owein Gai luron


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Feuille de personnage Race: Animalitos Classe: ménestrel description: Ce jeune éphèbe ne semblant pas dépasser les 25 ans, au visage et à l'attitude avenante, recouvert de bracelets et de colliers en cuir, bois ou plumes est toujours vêtu d'une cape de voyage et d'habits faits pour la marche. Sur son dos, un sac en bandoulière d'où dépasse tantôt le pommeau d'une épée, le manche d'un luth ou le bec d'une flûte.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Sam 23 Juil - 17:03 | |
| Pourquoi porter toute sa confiance en une personne qui masquait son visage? Ce pouvait être n'importe qui. Il n'ouvrait jamais son coeur aux autres, et il lui demandait de le faire... Mais sans qu'il sache pourquoi, Owein lui vouait une confiance totale, étant donné que Túrin faisait de même et qu'il était sage et avisé.
"Il est vrai que je me demande parfois pourquoi je vous ai suivit dans ce voyage. Nous partons risquer nos vies sans êtres sur de rien, pour sauver une personne qui a tenté de nous tuer. Mais je vous ai déjà raconté mon histoire, je me suis retrouvé sans attache suite à mon malheureux destin pour une cause que je combattais, et j'ai rencontré d'autres âmes qui poursuivent le même but! Des personnes que je crois nobles de coeur."
Il balaya du regard l'ensemble de la petite troupe.
"De plus, je ne peux vous abandonner! Toute compagnie a besoin de son ménestrel! Vous m'offrez une aventure épique avec de véritables héros! C'est la chance de ma vie, le début de la plus grande épopée que je puisse écrire et chanter. Je suivrais votre cheminement, où que vous alliez." -Heureux de l'apprendre, mon ami. Votre dévouement me touche. Mais que pensez-vous de tout ceci? Vous devez bien avoir un avis"
"Nous sommes inévitablement au commencement d'une période sombre. Les ombres du passé semblent ressurgir dans le pays. M'est avis que le Seigneur de la Lune Rousse a quelque chose à voir avec tout ceci, nous l'avons vu l'autre nuit, il est toujours en activité. La chose qui m'inquiète le plus est le cas du roi: nul être n'est plus combattant et actif que lui. Est-ce toujours lui derrière l'armure? A-t-il disparu? On pourrait croire à une discussion de taverne, mais le doute a une place au vu des événements. Si Túrin croit que sauver Kalannar nous aidera, alors allons le sauver."
Le Forge-Rune ne cilla pas en entendant son nom. S'il perssistait en lui la moindre once de doute, il ne le laissait pas transparaître.
"Tant de questions auxquelles nous devrons trouver des réponses.... Gerard, vos visions peuvent-elles nous aider?" | |
|  | | Gérard Le Rêveur.


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Sam 23 Juil - 18:27 | |
| Le personnage masqué marqua un temps, comme pour formuler sa phrase de la meilleure manière possible.
<<Malheureusement non. Je vous ai déjà tout dit, il me semble. Chaque fois que mes visions m'apportent quelque chose, l'avenir finit par changer. Et cela fait bien longtemps que le sommeil ne m'a pas pris. C'est parce que nous approchons d'un moment charnière dans notre histoire. Les possibilités s'emmêlent. Mais nous avons toutes les cartes en main pour réussir cette opération... -Je vois. Je regrette de devoir demander votre aide à tous deux, mais je sens que Kalannar possède un trop formidable potentiel pour être ignoré. Et maintenant que la princesse est de la partie, nous ne pouvons pas reculer. -C'est tout de même étrange, dans les rêves que j'avais fait jusqu'à présent, aucun ne montrait la princesse captive. -L'avenir est incertain, Gérard. C'est déjà un lourd pêché en soi que de l'entrevoir, et ce seul fait peut amener à des répercussions sans nom. Mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés éternellement. Pas moi, en tout cas.J'aurais agi aussitôt que ce chat fut venu me voir.>>
C'était vrai. Le Matagot Abel, envoyé de la nature, était venu personnellement les avertir d'un danger imminent. Ainsi, il ne s'agissait pas que d'un mauvais pressentiment de Gérard ou de Túrin. Si la nature elle même sentait qu'une force obscure était à l'oeuvre, alors leurs craintes étaient fondées. Mais quelle serait cette force obscure...? L'homme sans visage accueillit une feuille sur sa paume. Ils étaient à l'ombre d'un arbre. La feuille volait, flottait et ne chutait jamais. Elle n'atteignait pas le sol, portée par le vent. Gérard la rendit au ciel, avant de murmurer pour lui même :
<<Owein, Eulalie, je ne vous laisserai pas seul. Je sais que vous avez perdu quelque chose avant que nous ne nous rencontrions, moi-même...>>
Il ne s'était guère passé plus de quelques instants depuis qu'ils s'étaient rencontrés, mais des liens très forts les attachaient. Ils allaient sauver et rendre libre Kalannar. Ils savaient qu'ensemble, ils réussiraient. Ils ne savaient pas à quel prix, mais il réussiraient à empêcher la vision de Gérard concernant la ville détruite de se réaliser. C'était comme une promesse silencieuse.
<<Nous avons encore quelques heures avant l'exécution. Qu'allons-nous faire en attendant ?>>
Dernière édition par Gérard le Lun 6 Fév - 18:02, édité 1 fois | |
|  | | Owein Gai luron


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Dim 24 Juil - 12:40 | |
| [Quelques heures?! C'est déjà chiant de faire que des dialogues en Rp...]
" La première option, la plus sage pour certains, serait de se reposer pour éviter la fatigue. Sinon, nous pouvons déjà infiltrer Deux-cent tours, moi par la voie des airs, vous à Terre. Quoi qu'il en soit, pour nous préparer à la bataille, un peu de musique s'impose."
Ce n'était pas encore tout à fait le jour, mais les veilleur de nuit devait déjà être rentré chez lui, et les boulangers les plus courageux faisait déjà leur pâte à pain. Une ou deux cheminées crachaient une légère fumée dans l'air pur du matin. Devant ce cadre impressionant, Owein sortit son Luth et lui arracha quelques notes. Puis il accompagna son instrument de sa voix, un murmure à travers sa bouche fermée, une mélopée profonde créant un liant autour des notes sèches et précises. C'était le calme avant la tempête, le recueil des guerriers avant la bataille afin qu'ils se retrouvent face à eux-mêmes, qu'ils trouvent la sérénité avant la fureur. Dans le grand Ouest, ce rituel se faisait jadis, parois accompagné de danses. Carrock, posé sur une des branches de l'arbre, accompagna de son chant la musique. Le ménestrel enjoignit d'un signe de tête à ses compagnons de l'accompagner.
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|  | | Gérard Le Rêveur.


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Dim 24 Juil - 20:04 | |
| [Je ne sais pas, moi. On sauve Kalannar avec ou sans Geki et/ou Laly ? Je vais peut-être tirer à pile ou face...]
Gérard parut sourire sous son masque triste. Quant à Túrin, il éclata d'un rire franc avant de se saisir en hâte de son violon. Il en pinça les cordes avant de jouer un petit air similaire à celui d'Owein, qui s'était tu pour le regarder jouer. Gérard farfouilla dans les affaires du ménestrel jusqu'à trouver une petite harpe qu'il grattait de ses doigts épaissis par les gants. Pourtant, malgré la relative difficulté de jouer avec de gros doigts, il s'en sortait à merveille. Même trop bien. Cela s'expliquait par le fait que même si, comme il accepta de le conter par la suite, sa spécialité initiale était le piano, il avait appris à jouer de nombreux instruments au cours de sa courte vie. Ils jouèrent plusieurs morceaux, accompagnés par leurs voix, parfois les paroles avaient un sens, parfois ils se contentaient de marmonner...
Leurs voix s'élevaient et dissipaient peu à peu les ombres persistantes de la nuit. Le début du matin succéda à une splendide matinée ensoleillée, sans nuage. Bleue.
<<D'où je viens, le temps n'existe pas...>> <<Je laisse mes pensées se perdre à l'horizon flamboyant...>> <<Dire adieu aux lueurs du matin...>>
Chacun racontait un morceau de son histoire à travers la musique. Ils la partageaient. Tantôt ils improvisaient les paroles ou la mélodie, puis l'instant d'après ils reprenaient l'air d'une ballade connue. Le virtuose sans égale de Túrin les surpassait sans les écraser, au contraire, on aurait dit qu'au lieu de jouer de façon absolue, il relevait les instruments des autres, les encourageait à se livrer à une plus belle et plus grande part d'eux-mêmes. Il donnait une impulsion puissante au groupe, mais restait discret, pour mieux surprendre leurs oreilles. Owein avait fait cela toute sa vie, il donnait le style, l'élégance et la maitrise à la chanson. Mais surtout, il y ajoutait sa passion et son ardeur pour la musique, il était réellement un ménestrel sans égal. Quant à Gérard, il ajoutait une touche de mystère, de questionnement, de réflexion. Mais il restait en retrait, sa voix était trop faible, souvent ses notes n'étaient pas entendues. Il ne jouait pas comme lui-même. C'était un trio fort insolite, tant et si bien que pas seulement Carrock les accompagnât, ils furent bientôt rejoints par multitude d'oiseaux et de cigales de tous genres. Attirés par leur mélodie, ils s'y livraient. C'était cette nature qui, tel un choeur, donnait un fond à la musique, et l'amenait à cette profondeur.
Une éternité pourrait bien être passée depuis qu'ils avaient pris en main leurs instruments, et pourtant, ils n'auraient pas encore joué le centième de leur art. C'était beau. | |
|  | | Owein Gai luron


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Lun 25 Juil - 13:33 | |
| Trois instruments à cordes se faisaient face, vibrants, pleurants leur musique que le vent transportait dans la plaine en voluptes invisibles. Trois masques se faisaient face, si différents et si harmonieux, exprimants leurs chants vers le ciel matinal, toujours plus haut, vers le firmament vide, déjà abandonné par la Lune et ses étoiles, mais inoccupé par le soleil naissant. Par ces cordes frottées, pinçées ou grattées, ils se racontaient plus de choses qu'il ne l'avaient jamais faits ens e parlant de vive voie, tant leurs créations reflétaient leur être tout entier. L'arbre semblait légèrement se pencher pour mieux apprécier leur musique. Un instant, l'herbe sembla plus verte, le ciel plus bleu, Deux-cent tours moins terne. Sur cette petite colline, à l'écart de la grand-route, seule la nature perçevait cette harmonie mélodieuse. Túrin accéléra peu à peu ses arpèges, en ajoutant des variations. Avec puissance et tristesse, il prononça ces mots sur un ton plat et égal.
"Ma longue route m'a mené aux confins de la terre Toujours dans mon dos cette ombre éthérée m'a poursuivi transformant tout ce que je laissais derrière moi en poussière la fuyant sans repos j'ai su conserver la flamme de la vie Avec honneur, passion et fierté j'ai croisé le fer Avec tendresse, douceur et feu j'ai aimé vers des multitudes de directions j'ai cheminé Dans mes pas l'ombre éthérée marchait.
J'ai travaillé à la construction de grandes choses mais perdu mille fois tout ce que je chérissais Tant et si bien que je me suis retourné lors d'une aube rose et fais face à l'ombre. Elle avait mon visage et tenait en ses mains la grande roue du temps."
Son archet s'arrêta un instant, puis il reprit le thème qu'ils avaient entamé précédemment. Owein profita de cette chance pour greffer son solo sur le violon, et son plectre faisait merveille, dansant sur les cordes tendues. Créer avant de détruire. Une larme coula sur la joue d'Owein à la pensée que l'épée était plus implacable que le Luth, que ce monde ténébreux laissait trôner au sommet les plus bas instincts. Il retira la main des cordes de son luth, et rangeace dernier dans sa besace qu'il enfouit dans le creux de l'arbre.
"Êtes-vous prêts compagnons? Lames au clair, nous nous taillerons un chemin jusqu'à Kalannar!" | |
|  | | Gérard Le Rêveur.


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Lun 25 Juil - 15:50 | |
| Gérard dévisagea en silence Owein. Puis il rangea la harpe après en avoir mécaniquement astiqué les cordes, avant de lui répondre :
<<Du calme, nous avons encore quelque temps. De plus, ce n'est pas l'épée au clair mais avec un esprit clair que nous... Vous devrez engager le combat. Je vous propose de me laisser vous raconter une légende avant que nous ne partions. C'est un conte ancien, et il fera sûrement meilleur ménage que les violents récits de batailles que certains bardes ne savent que chanter. Il n'est pas nécessaire de chercher une signification derrière ce que je m'en vais vous conter, mais plus d'un y trouveront des questions à se poser. Êtes vous intéressés ?>>
L'homme au masque glissa son regard vers la jeune fille qui somnolait tranquillement. Gérard semblait, semblait, mais était-il vraiment ce qu'il prétendait être ? Peut-être ce conte pourrait-il les éclairer. Túrin acquiesça, et aussitôt il arbora une mine plus réjouie, que le masque de la colère ne sut tout à fait masquer. Owein restait curieux. Le conteur ne prit pas la peine de s'éclaircir la voix.
<<C'est l'histoire de trois frères jumeaux qui furent séparés à la naissance. L'un devint noble, l'autre simple d'esprit, le dernier enfin était très pauvre et mourut assez jeune, emporté par la maladie. Peu importe la manière dont l'on nait en ce monde, on ne la choisit pas, et on subit les conséquences qui s'en suivent. Ils étaient tous trois en tous points similaires, et pourtant ils eurent trois vies radicalement différentes. C'est ce que l'on appelle le destin.
Un simple jeune homme eut un jour vent de cette histoire. Il y réfléchit durant de nombreuses heures, de nombreuses journées, et à cette époque le mal régnait partout en ce monde. Pas au sens premier du terme, mais le mal avait envahi toutes les sphères de la société. Les malfrats n'étaient pas plus corrompus que les aristocrates qui ne pensaient qu'à s'enrichir. Le monde était en perdition totale. Il était pourri. Les démons, qui passaient leur temps à se faire la guerre à l'ouest, ne se souciaient guère des humains, et... Pour en revenir à ce jeune homme, il était tout ce qu'il y avait de plus commun en ce monde. Mais il décida de changer les choses, ce que peu de gens entreprennent avec succès de faire. On raconta qu'il s'était alors épris d'une jeune fille, qui mourut dans ses bras, lui demandant sur son lit de mort de veiller sur le monde qu'elle aimait. Il chercha alors de fidèles amis, et peu à peu, il s'acharna à lutter contre toutes les misères du monde.
Il luttait contre la pauvreté, contre la maladie, contre les conflits, voulait aux gens l'envie d'agir et de changer, comme lui. Mais les jours passaient et rien ne changeait. Alors qu'il désespérait, une guerre civile éclata. Les seigneurs démons, assoiffés de sang, surgirent pour les réprimer, mais pour la première fois depuis des temps immémoriaux, un homme tint tête aux démons et, au lieu de fuir, les combattit. C'était ce jeune homme. Il sauva le plus de gens possibles. Mais la cité (et aussi la capitale du royaume) fut réduite en cendres. Alors il décida de bâtir une nouvelle cité, non pas sur les ruines de la première, mais dans un endroit neuf, lointain. Constituée de deux cent tours, une pour chaque seigneur démon majeur. Il travailla d'abord totalement seul, puis les gens, le voyant travailler avec acharnement jour après jour, le rejoignirent dans son oeuvre.
La cité d'or fut construite, chef d'oeuvre de la perfection, merveille parmi les merveilles, et aujourd'hui encore elle est le centre du monde. C'était non seulement un renouveau, mais aussi un rêve et un espoir pour les peuples opprimés. Les humains s'y rassemblèrent et, dans leur quête de liberté et d'avenir, levèrent une armée pour affronter celle des démons. A cette époque, il n'y avait absolument aucune distinction entre hommes, femmes, elfes, et même animalitos (qui furent par la suite enlevés des livres d'histoire). Les fays aussi s'étaient joints à la grande bataille. Túrin, ici présent, prenait des vacances bien méritées pendant cette guerre..>>
<<Je suis profondément désolé de devoir interrompre un conteur aussi passionnant, je ne ferai que préciser ma situation à ce moment de l'histoire. A cette époque, j'avais déjà vu bien plus de printemps qu'aucun elfe n'en avait jamais vu, et seule une situation importante pouvait me forcer à sortir de ma caverne. Et j'eus vent bien trop tard de cette bataille. Disons qu'un... ami de longue date avait décidé de me montrer ses crocs au dernier moment.>>
<<Merci pour ces précisions. J'attends avec impatience l'heure où, tous rassemblés, nous écouterons votre histoire, et ce que vous et Doré avez à nous dire, à nous léguer. Pendant que cette grande bataille avait lieu... Un petit mot sur la bataille en elle-même, tout d'abord. Il s'agit d'un réel génie stratégique. Les humains, bien dépassés en nombre, durent recourir non seulement à leur volonté à toute épreuve, mais aussi à une tactique qui impressionne encore les chefs de guerre les plus talentueux. Si bien que les démons durent se retrouver à lutter à armes égales avec l'alliance des êtres libres, pour la première fois depuis bien longtemps. Les archers, postés sur une gigantesque tour au milieu d'une forêt, tinrent bon des jours durant sans qu'un seul ennemi ne passât, car les créatures des sous-bois les assistaient dans leur tâche. Leurs flèches magiques étaient faites de lumière. Les faucons se cachaient dans l'axe du soleil pour mieux surprendre leurs ennemis. Et lorsque la nuit tomba et que les démons n'en devinrent que cent fois plus redoutables, tous les mages du royaume se concentrèrent pour former un gigantesque soleil dans le ciel. Ce n'était pas un vrai soleil, mais une grande plateforme de lumière qui inondait tous les démons. Son pouvoir était incomparable mais avait le mérite de fatiguer les démons beaucoup plus vite. Certains soldats utilisaient des boucliers avec des miroirs dessus, afin de confronter les démons à leur propre image. Je pourrais continuer pendant plusieurs heures sans avoir fait le tour de toutes les subtilités de la bataille. Celui qui deviendrait par la suite le premier empereur de Deux-cent tours les fit battre en retraite jusque dans les montagnes, où le jeune homme du début de l'histoire les attendaient. Tous deux (tout du moins, c'est ce que l'histoire raconte) lancèrent le plus puissant sort magique jamais créé visant à enfermer tous les démons immortels dans un puits sans fond. Un lâche qui avait fui la bataille à ce moment là parcourt encore les terres aujourd'hui, c'est le seigneur de la lune rousse.
Puis, leur destin accompli, les deux hommes prononcèrent un serment inconnu de tous sauf de leurs descendants. L'un des deux hommes devint empereur et gouverna la cité de deux-cent tours, amenant l'âge des hommes à une prospérité inégalée. Mais c'est une autre histoire. L'autre tomba dans les méandres de l'oubli, et se retira au loin pour pleurer la perte de son aimée. C'est la volonté de ce dernier personnage qui a permis de convaincre l'homme de prendre l'arme.
C'était l'une des trois grandes histoires plausibles de la fondation de Deux-cent tours, et elle est grandement incomplète. Je ne l'ai entendue qu'une fois. Bien sûr, c'est un mensonge. Disons juste que j'ai la gorge très sèche, et comme ce coursier passant a bu toute l'eau de ma gourde...>>
<<Prenez donc la mienne, Gérard, et désaltérez-vous tandis que je termine l'histoire. Le combat qui m'opposait à mon ami se termina tragiquement, et je jurai de ne plus reprendre les armes. Mais les hommes sont faits pour revenir sur leurs paroles. Le sachant, j'ai aussi promis de ne plus jamais perdre un combat. Et il est vrai que depuis, je n'ai pas fait verser une seule goutte de sang, et mon compagnon dragon n'a plus usé de ses griffes que pour chasser et manger. L'empereur a accompli une grande tâche en régnant sur Deux-cent tours dix générations durant. Quant à l'éventualité selon laquelle Deux-cent tours viendrait à se perdre, alors cela signifierait sans doute que tout ce que vos ancêtres avaient accompli durant toute leur vie n'aurait servi à rien.>>
Gérard, qui s'était retourné pour boire (afin que son visage ne fut pas vu), rendit poliment sa gourde à Túrin avant de continuer, sur un ton plus frais :
<<Je n'ai pas vraiment de choses à ajouter. Ce n'est qu'une histoire.
A côté de cela, je rechigne à exposer Eulalie au danger. Ce serait peut-être plus simple si elle pouvait fuir vers un pays doux et accueillant... Comprenez-vous ce que je veux dire ? Il n'y a jamais de liberté facilement acquise... Le bonheur ne nous est accessible qu'après beaucoup trop de travail. En ce monde, nous effectuons neuf instants de labeur, d'efforts et de travail pour un seul et unique moment de détente, de plaisir et de bonheur.>>
Il semblait hésiter à l'abandonner pour courir chercher Kalannar sans elle, mais ils s'étaient faits une promesse... Il la tiendrait, et serait obligé de la mettre en danger. Gérard semblait, semblait, mais était-il vraiment ce qu'il prétendait être ? Ce conte que tout le monde connaissait ne les avait pas aidé. Il en existait plusieurs reproductions et études approfondies dans chaque bibliothèque qui se respectait. Mais il ajouta quelque chose. Peut-être avait-il voulu en venir là depuis le début, peut-être pas. Personne ne savait ce qui se passait dans sa tête. Il semblait avoir improvisé au dernier moment.
<<Bien sûr, vous vous demandez pourquoi j'ai raconté cette histoire. J'en avais simplement envie, et les circonstances sont de mise, tandis que la ville est au bord de la destruction, d'en raconter le commencement. Bien, il est temps de révéler un petit quelque chose. L'homme de l'histoire, celui qui décida de changer le monde, se prénommait... Gérard.>>
Puis, Gérard souleva les deux masques de Túrin et d'Owein avec la vitesse du serpent qui attaque, afin de constater leurs mines défaites. L'individu au masque triste partit dans ce qui semblait être un rire, avant de rabattre leurs masques.
<<Je voulais juste constater vos têtes, et c'était effectivement très fort ! Si seulement il existait une magie picturale pour se souvenir de tels moments... Le monde serait peut-être plus agréable. On pourrait plus facilement se souvenir du passé. Ce qui est un luxe trop rare...>> | |
|  | | Owein Gai luron


Messages : 96 Puissance : 4170 Date d'inscription : 03/05/2010 Localisation : Là où mes pieds me guident...
Feuille de personnage Race: Animalitos Classe: ménestrel description: Ce jeune éphèbe ne semblant pas dépasser les 25 ans, au visage et à l'attitude avenante, recouvert de bracelets et de colliers en cuir, bois ou plumes est toujours vêtu d'une cape de voyage et d'habits faits pour la marche. Sur son dos, un sac en bandoulière d'où dépasse tantôt le pommeau d'une épée, le manche d'un luth ou le bec d'une flûte.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Mar 26 Juil - 13:15 | |
| [Magnifique RP... J'applaudis avec mes mains!] https://www.youtube.com/watch?v=71Tee_XNuhg&feature=related Owein gardait la bouche ouverte, regardant dans le vague en direction de Gérard. Il était un jeune Animalitos désargenté entouré de deux des plus grandes légendes que le monde ait jamais connu. Il avait entendu mille et une versions de cette histoire, les connaissaient toutes en tant que Ménestrel, et voilà qu'il se la faisait conter par l'intéressé lui-même! En temps normal, il aurait rit aux éclats et envoyé une vanne cinglante à la vermine qui aurait osé dire une telle infâmie, et pourtant... Tant d'assurance dans ces paroles! Tant de prestance dans sa posture! Le doute n'était pas possible. Leur mission qui semblait presque suicidaire prenait l'air d'une épopée épique, du genre où les méchants meurent en dehors de la scène. De plus, ses allures de traître masqué potentiel avaient disparues, remplaçées par une aura qui forçait le respect. "Mais par quelle enchantement? La mort devrait vous avoir emporté depuis bien longtemps..."Gérard releva légèrement sa tête. Ombre et tissu. Etait-il vraiment de ce monde? Revenait-il de l'autre monde pour les guider dans ces heures sombres comme dans les légendes du passé? "Dévoilez-nous votre visage, Gérard."Au sommet d'une des tours d'enceintes de la capitale, haute et blanche, sur le toît plat, un homme de haute stature regardait vers un arbre au loin. Il était élégamment vêtu, bien que passé de mode. De la dentelle jaillissait de ses manches, et un jabot lui enserrait le coup. Une cape légère flottait sur ses bottes de cuir noir. Un impressionant cimeterre pendait à sa ceinture. A ses côtés, un jeune lévrier de chasse, tout mignon et joyeux, écoutait attentivement son maître. "Regarde, Traqueur noir, porte tes yeux vers l'Est. Ne vois-tu rien venir?"Les yeux du chiens s'illuminèrent tels des tisons sur lequels on souffle. Un grognement jaillissant du tréfond de sa gorge lui retira tout son aspect de petite créature faible et aimante. Une ombre masqua le soleil, et ils avaient disparus. | |
|  | | Gérard Le Rêveur.


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Feuille de personnage Race: Humain Classe: description: Il a un tatouage au dessus de l'oeil droit, et il dort très souvent.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Mar 26 Juil - 14:36 | |
| Gérard sembla encore rire en comprenant le désarroi de l'animalitos. Il ne semblait pas avoir compris la fin de l'histoire. Mais aussitôt après, il eut comme un frisson.
Túrin et Gérard, d'un seul geste, tournèrent la tête vers Deux-cent tours. Owein lui-même avait ressenti quelque chose. Un vent très fort souffla au même moment sur la colline, leur faisant froid dans le dos. Tous trois se concertèrent gravement, avaient-ils senti quelque chose ? Une présence... Maléfique, au loin. Inquiets, ils durent rester un instant silencieux. Puis, Gérard décida de reprendre la question au vol :
<<Owein, je ne suis pas cet homme de la légende. Ce n'était qu'une blague ! Personne ne connait son nom, car personne ne lui a demandé. Il n'était pas un héros comme l'empereur SASEB, et il n'avait pas de talent pour les discours. C'est pour cela qu'il est le personnage le moins connu de l'histoire de la fondation. -Quant à moi, vous avez bien entendu les mythes qui circulaient sur mon existence, je présume. J'ai gagné mon immortalité en tuant un dieu, ce qui est un exercice que je ne vous recommanderai pas. C'est une toute autre histoire que celle en question, de toute manière. -Je pourrais effectivement enlever ce masque, mais cela ne servirait à rien. Comme je l'ai dit plus tôt, un jour vous saurez. J'y veillerai.>>
Gérard regarda Owein. Ce dernier semblait tomber de haut. L'individu masqué se figura qu'il était assez peu commode de réagir ainsi. Túrin encouragea l'homme sans visage d'un clin d'oeil, et il reprit :
<<... Cependant, ne soyez pas sans savoir que vous avez déjà vu mon véritable visage, par le passé. Et ce cas ne s'applique qu'à vous, il me semble.>>
Sur ces paroles énigmatiques, Gérard entreprit de s'étirer. Le soleil était caché par un nuage, mais la plaine était lumineuse. La rosée disparaissait sous leurs mains. La vie s'activait déjà.
<<Mais si vous voulez, vous pouvez venir et entreprendre de retirer mon masque avec vos mains. Vous n'y gagnerez rien, mais si cela peut vous faire plaisir...>> | |
|  | | Owein Gai luron


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Mar 26 Juil - 15:47 | |
| EPIC FAIL
Un scarabé, blessé, agonisant, rampa encore quelques mètres, puis resta immobile. C'était le signal que les fourmis attendaient. Elles se ruèrent comme un seul homme vers le géant mort, découpant de leurs cisailles des petits morceaux de chairs après avoir pris soin d'écarter la chitine. Elles agissaient toute avec frénésie, de peur qu'un charognard bien plus gros ne les surprennent. Les ouvrières ayant fini de découper leur bout de chair commençèrent à partir en procession, en direction de la fourmilière. Une petite fourmi, en fin de file, peinait à suivre la colonie tant elle avait voulu impressionner la reine en emportant un paquet de viande gigantesque. Elle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle; un instant de trop. Une guêpe, ayant remarquée que les fourmis soldates n'étaient pas dans les parages, descendit en piquet et attrappa la fourmi qui tenait toujours entre ses mandibules le morceau de scarabé. Courbant l'échine sous le poids de ce lourd mais aléchant fardeau, la guêpe ne vit pas la toile d'araignée, légère comme l'air, qui dansait entre deux hautes herbes juste devant elle. Paf! La légère secousse occasionnée par l'impact de l'insecte ailé sur les mailles du piège réveilla le vieux monstre. De ses huit pattes poilues, il traversa la toile en un éclair, rejoignant la guêpe et son butin qui tentait de se dépêtrer des fils collants. Enroulant cette dernière dans ses sécrétions, l'araignée ne vit pas la fourmi grimper sur son abdomen et atteindre les fils principaux qui soutenaient toute la toile. Alors que le monstre à huit pattes commençait à enrouler le morceau de scarabé, la toile dépourvue de support tomba vers le sol. Sur ce sol se promenait un serpent qui reçu le paquetage en plein sur la tête. En découvrant ce charmant menu, il passa sa langue fourchue sur ses deux crocs éguisés. Le morceau de scarabé fut avalé en premier. Puis la guêpe tenta bien de s'envoler, mais ses ailes mouillées la laissa clouée au sol, et le serpent l'avala. L'araignée, encore sous le choc de la chute, chercha une échapatoire. Elle s'engouffra dans le gosier du serpent qui l'avala tout rond. Enfin, le reptile regarda la petite fourmi ouvrière de ses yeux jaunes malsains, siffla en ouvrant grand sa gueule, et...
"AAAAAAAAAAAAH! Un serpent!"
Une lame blanche venue du ciel le découpa littéralement en deux.
"Vous marrez pas les mecs, c'est vachement dangereux ce genre de machin, surtout quand on se ballade tout le temps pieds nus comme moi!"
Et la fourmi, toute contente, tira derrière elle une moitié de serpent jusqu'à la fourmilière où elle fut accueillie en héroïne. Jamais une fourmi n'avait ramené autant de nourriture à la maison.
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|  | | Gérard Le Rêveur.


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Mar 26 Juil - 23:44 | |
| La mer. Le bruit des vagues, le sable fin. Les coquillages, le soleil, l'eau. Les algues, les oursins, les étoiles de mer et les galets.
C'était précisément la dernière chose qui vint à l'esprit de celui qui avait bousculé sans le faire exprès un grand homme au chapeau et manteau noirs dans la rue et qui s'était retrouvé cent mètres plus loin mystérieusement déshydraté. Il avait alors bu un grand verre d'eau... Un peu trop salé à son goût. Il mourut d'une soif extrême dans l'instant, ne ressemblant plus qu'à une momie desséchée. Les ruelles étaient des lieux dangereux...
Sa mort soudaine provoqua un vif émoi parmi les passagers, et l'un d'eux alla même jusqu'à s'évanouir, renversant au passage un verrier qui transportait toutes ses vitres sur son dos. Au palais, celui qui avait commandé ces vitres alla dans une colère tellement inouïe qu'il en renversa son assiette, et un rat vint expressément s'emparer des restes. Ce malheureux petit rat, sans emploi, avec une nombreuse famille à nourrir, remplit ses poches du plus de nourriture possible et les ramena à sa femme et ses enfants, qui n'avaient pas eu de repas convenable depuis plusieurs jours.
<<C'est de ta faute !>> criait la femme-rat dans son langage-rat. <<Si je ne t'avais pas écouté, toi et tes rêves de la capitale, nous n'en serions pas là, à quémander les restes !>>
Le mari-rat s'indigna, et une grande dispute eut lieu. L'un de leurs enfants, déjà adolescents du haut de ses 6 mois, décida de fuguer et de tout quitter pour retrouver l'amour de sa vie. Mais il se perdit sur le chemin et échoua dans les bas-fonds de la cité. Là, il y rencontra un pigeon, et ce fut l'épique bataille du siècle. Un peintre, qui s'était retrouvé là par hasard, immortalisa l'instant de ses esquisses, et fut aussitôt remarqué par un riche brocanteur. Le brocanteur décida de jeter un oeil aux toiles de l'artiste et en acheta une bonne partie, dans le but de les revendre, sans doute. Le peintre, qui avait une rondelette petite somme, dépensa son argent dans les tavernes, et fit tomber une petite piécette sur le sol. Elle passa pile entre les lattes du parquet et écrasa l'araignée qui allait manger la mouche. Mouche qui se libéra au bout de quelques heures de lutte acharnée, et vola aussitôt dans l'oeil du propriétaire de la piécette, qui tomba à la renverse sur une fourchette et mourut sur l'instant. Une communauté vampirique se forma alors au sein des termites du parquet, et la serveuse glissa sur la flaque de sang, mourant aussi, tout aussi tragiquement.
Un jeune homme un peu ivre, décida de quitter la taverne, prétextant que c'était un endroit maudit et qu'il n'y remettrait plus jamais les pieds. Sur le chemin, il croisa sa bien aimée et lui déclara sa flamme, lui promettant qu'il ne deviendrait jamais plus ivre que de sa beauté. Elle accepta ses avances et ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, tant mieux pour eux. Quant à Gérard, il éternua dans sa manche, avant de répliquer :
<<Vous savez, Owein... Dans quelles circonstances ce serpent aurait pu venir, ou aurait pu ne pas venir... Ce qui nous tombe dessus a subi un nombre d'altérations incroyable. Mais la question est : Ne devriez-vous pas porter au moins des sandales ?>> | |
|  | | Owein Gai luron


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Feuille de personnage Race: Animalitos Classe: ménestrel description: Ce jeune éphèbe ne semblant pas dépasser les 25 ans, au visage et à l'attitude avenante, recouvert de bracelets et de colliers en cuir, bois ou plumes est toujours vêtu d'une cape de voyage et d'habits faits pour la marche. Sur son dos, un sac en bandoulière d'où dépasse tantôt le pommeau d'une épée, le manche d'un luth ou le bec d'une flûte.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Mer 27 Juil - 11:35 | |
| "Vous avez raison, je les enfile de suite!" Owein sorti les sandales de son sac et les enfila. Il jetta son sac contre le tronc de l'arbre, ce qui entraîna une secousse qui fit s'envoler un papillon d'une des branches de l'arbre. S'il ne l'avait pas jetté de manière aussi violente, le papillon ne se serait pas envolé. Est-ce tout? Non! Battant de ses ailes multicolores en montant toujours plus haut vers le ciel, il commença vite à être fatigué, et entama une descente vers le sol. Il posa ses petites pattes mignonettes sur le museau d'une vache. Privée de vision, cette dernière s'emballa, et chargea droit devant elle avec l'espoir de se débarrasser de cet aveuglement soudain. Tout le troupeau, croyant que FLeurette avait détecté un danger, la suivirent en meuglant. Ce ne fut pas la barrière de bois et le panneau "Champ d'entraînement. Passage interdit" qui put les stopper. Le général qui vit ces bovinés galloper au beau milieu de ses catapultes imagina un instant les conséquences possibles pour ses gallons, se saisit alors prestement d'une arbalète et fit feu sur la vache au papillon. Cette dernière, blessée à mort, s'effondra sur la corde qui maintenait "Titanius", le prototype de trébuchet géant, et la brisa net. Lentement, l'immense masse du poid se déplaça, libérant la fronde, et dans un formidable mouvement de balançier, le bloc de pierre s'envola vers le lointain, en sifflant comme une météorite. Elle dépassa le champ de tir, puis des champs et encore des champs. Droit devant elle, une petite tour biscornue, celle du mage Crounchan, se dressait entre marre à cochon et champ d'avoine. IL s'avère que ce mage là travaillait à un sort d'une puissance extraordinaire qui visait à couvrir ce monde d'une nuit éternelle. Apprenti super vilain, il s'était barricadé dans son antre et travaillait à ce maléfice depuis plusieurs semaines. La phase finale était arrivée, il brandissait de ses poings de sphères d'énergie violette... Mais bien heureusement, il ne put jamais achever son sort, se reçevant un bloc de trois tonnes de granit sur la tête, dans une explosion de bois et de tuiles. Quand un sort d'une telle ampleur est interrompue, les conséquences peuvent être catastrophiques. Ce fut le cas. Un geyser d'énergie ténbébreuse jaillit vers le ciel, droit vers l'espace. Vous vous en doutez, il y avait un obstacle. Et quel obstacle! UN fier guerrier DRagonium, tout en armure, chevauchant un dragon vert non moins impressionant, couverts de griffes et de crocs.
"Il faut que je rentre à l'instant à Biscottville faire mon rapport, mes découvertes sont incroyables! Ahahaahahah! A moi l'entrée au conseil des dou..."
Foudroyés en plein ciel, Dragon et chevalier piquèrent du nez, en conçervant toutes fois une trajectoire assez horizontale, en direction des montagnes. Sur cette montagne, il n'y avait vraiment rien de spécial. Juste de la caillasse et des herbes folles. Mais assez pour stopper un Dragonium et déclencher une chute de rochers, qui en tombant fissurèrent d'azutres blocs, qui les suivirent en une cascade de plus en plus grande. L'éboulement déraçina une majeure partie des arbres qui se trouvaient au bas de la montagne, lesquels étaient sur un sol spongieux. Celui ci, privé du soutien que lui proccurait les racines, tomba en mélasse droit vers une grande ville portuaire marchande. Les habitants, paniqués, se ruèrent sur tous les bateaux disponibles pour fuir cette catastrophe. Bateaux de pêche, de guerre, de plaisance, tous furent réquisitionnés et c'est une armada qui voguait vers la tombe sous-marine de Mosh'gotrosh, Tempestari colérique. Croyant que cette armée voulait se saisir de son trésor, il déchaîna un gigantesque ouragan qui déchira le ciel d'éclairs et de tourbillons.
"Ah, vous avez raison, on est mieux comme ça! -Pauvre idiot! Vous rendez-vous compte de ce que vous venez de faire?!! -WTF?" | |
|  | | Gérard Le Rêveur.


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Mer 27 Juil - 12:04 | |
| Túrin explosa alors.
<<Je suis au désespoir ! Ce monde où tout n'est que relation de cause à effet m'a poussé au désespoir !>>
Gérard et Owein, interloqués, le regardèrent fulminer sans comprendre, jusqu'au moment où la légende sortit une grande corde de son sac, la fixa à une branche de l'arbre et s'y pendit. Gérard haussa les épaules, perplexe.
<<Essaye-t-il de grandir ? J'ai connu beaucoup de personnes qui, dans les moments difficiles, essayaient de grandir en s'accrochant à des arbres... -Ah, cela expliquerait tout ! Ma foi, il n'en ressortirait que plus fort, n'est-ce pas ? Dans ce cas, aidons-le !>>
Malheureusement, Túrin ne pouvait pas mourir à cause d'une simple corde de pendaison. Il s'en était rendu compte et soupira, déçu, mais il se dit qu'après avoir vécu plusieurs millénaires, il pourrait aspirer à continuer à vivre. C'est alors que Gérard et Owein s'accrochèrent à sa taille de toutes leurs forces et le tirèrent vers le sol ! L'homme de la légende s'étrangla, stupéfait. Il se balançait au rythme des muscles des deux compagnons, et aurait vraiment pu y passer si la corde (de bien mauvaise facture !) ne s'était pas rompue au dernier moment. Tous trois tombèrent à la renverse, et Túrin, après plusieurs instants à reprendre son souffle, tenta de crier d'une voix on ne peut plus cassée :
<<J'aurais pu mourir !>>
Aucun bruit ne se fit pendant plusieurs minutes. Pour finir, un âne qui était à plusieurs milliers de pas de là éclata de rire. Il en fit tomber sa carotte, qui écrasa une fourmi, qui laissa au passage tomber le petit pois qu'elle transportait tomber, le petit pois roula jusqu'à tomber dans un terrier de lapin. Ce lapin se prit le petit pois dans l'oeil et, furieux, le renvoya aussi sec à l'envahisseur. L'âne, qui ramassait sa carotte, se prit un petit-pois dans l'oeil, et frustré, il gambada dans les plaines sans but autre que celui que de passer sa colère. Un mouton qui passait par là bêla en le voyant, ce qui attira un loup. Mais un ours, qui avait vu le loup s'approcher du mouton par derrière, donna un terrible coup de patte au loup, mais s'effondra. Le choc de l'ours tombant à terre fit tomber une ruche d'abeilles à quelques pas de là, et les abeilles s'enfuirent, furieuses. Un voyageur itinérant fut donc attaqué par une multitude d'abeilles et dut fuir, jusqu'à laisser tomber un flacon d'une grande valeur : le produit explosa, et un feu se déclara dans la plaine. De multiples biches s'enfuirent, piétinant un pauvre enfant qui s'était perdu. L'enfant, apprenti magicien, lança un sort rouge dans le ciel, dans l'espoir d'être remarqué, mais à plusieurs lieues, ce furent des bandits de la pire espèce qui interprétèrent le signal comme celui de l'attaque sur le fort Crouton.
Le fort fut mis à sac cinq minutes avant l'arrivée de la relève, c'était un massacre et une mer de sang, il n'y eut qu'un survivant, et encore, il était aveugle, sourd muet et paralysé. Un des malfrats, avant de mourir, lança un bout de pain dans le ciel, dernier geste de haine envers un monde qui l'aura poussé à la mort. Le bout de pain rebondit sur plusieurs pierres et écrasa une sauterelle en plein vol. Sa famille, tétanisée, décida de se venger des hommes et leva une gigantesque armée de sauterelles dans le but de détruire l'humanité. Le royaume des araignées, en ayant vent, pensa qu'il n'était pas sage de s'attaquer aux hommes, et une féroce guerre entre les deux espèces éclata. Une boule de feu perdue s'écrasa dans les fougères, brulant le doigt de pied d'un grand magicien qui éternua et givra toute la plaine. Un bison, qui passait par là, glissa sur la glace et tomba à la renverse, la fissure alla jusqu'au pied d'un grand guerrier qui trébucha à son tour. Son épée glissa jusque dans un précipice, mais l'épée était magique et envoya des éclairs un peu partout.
Un éclair zébra le ciel et, dans sa course courbe, retomba finalement sur Túrin tandis qu'il allait décapiter Gérard, l'arrêtant net dans son geste. L'immortel tomba sur le dos, foudroyé.
<<Ça fait le plus mal quand ça revient...>> | |
|  | | Owein Gai luron


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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Mer 27 Juil - 12:44 | |
| "Quelle pause reposante! Pour sur!"
Pensant qu'il était ridicule de partir au combat le ventre vide, Owein se fit un sandwich qu'il mâchonna alors que Gérard tentait une thérapie antisuicide sur Túrin. Celui-ci ayant reprit ses esprits, se remit prestement sur pieds, et déclara:
"Reprenons notre route camarades! Les portes de la Ville s'ouvriront bientôt!"
Ils se remirent alors en marche. Dans cette plaine rase, et devant une telle masse urbaine, ils avaient l'impression de ne pas avancer du tout. Pourtant, minute après minute, Deux-cent tours grandissait, et les faubourgs en-dehors des murailles se rapprochaient. Epées et masques cachés sous leurs capes, ils passèrent insognito dans les petits villages à l'ombre des murailles. A peine un chat s'écarta en miaulant, et un porc renifla vers eux d'un air inquiet. Lorsque la Gigantesque porte est, fut en vue, ils se cachèrent derrière un établi. L'immense portail, décoré de milles statues, restait muet. Elle était si haute qu'un géant aurait pu la traverser, et si large qu'une cinquantaine d'Hommes pouvaient bien la traverser de front. Décrivant une arche parfaite sur la muraille de pierre, on pouvait déceler nombre d'entailles dues à d'innombrables batailles. Innombrables batailles qui n'avaient pu, en définitive, la faire tomber. Soudain, elle grinça. Les quelques marchands ambulants qui attendaient de rentrer dans la ville sautèrent de joie à l'écoute de ce bruit si familier. Durant de longues minutes, les battants s'écartèrent peu à peu, laissant filtrer les lumières de la ville. Quatre gardes apparurent et allèrent rapidement interroger les marchands sur ce qui les amenaient ici. Satisfaits, ils les laissèrent passer. Les battants s'écartèrent encore et quatre autres gardes rejoignirent les premiers. S'écartant afin d'être présents aux quatre coins de l'entrée, ils gagnèrent leur place et restèrent immobiles. Les battants étaient enfin tout à fait ouverts. Bientôt, un flot de badauds, de charrettes, de cavaliers, traverseraient cette porte, sortant ou entrant dans Deux-cent tours. Mais pour l'instant, seuls une ou deux personnes la traversait.
"Que faisons-nous, Túrin? Tentons-nous un passage maintenant, où attendons nous qu'il y ait plus d monde pour avoir une entrée plus discrète?" | |
|  | | Geki Summertime


Messages : 4 Puissance : 3493 Date d'inscription : 20/07/2011 Age : 32 Localisation : Pourquoi le dire?
Feuille de personnage Race: Humain Classe: Calligraphe description: Vêtu d'un long manteau blanc cachant un tissu vert qui entoure sa taille, au-dessus duquel des ceintures contenant plusieurs tubes à essais sont portées. Il porte également un bandeau qui recouvre une partie de ses yeux.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Jeu 28 Juil - 17:50 | |
| Geki était dans cette pseudo-plaine bien avant que le soleil ne daigne montrer ses premières lueurs. Pseudo-plaine? Il y avait tout de même quelques légères dunes, qui, au final, pouvaient très bien cacher une personne, comme dans le cas présent. Il cueillait des plantes médicinales qui poussaient en très faible quantité dans les parages, jusqu'au moment où il tomba sur une fleur rarissime qui ne poussait que les nuits où la Lune était pleine, très proche de la Terre et rayonnait comme l'astre solaire. Cette plante était également très délicate, mais son utilité n'était que purement monétaire, et un petit pécule supplémentaire ne ferait pas de mal à la bourse bientôt vide que portait Geki sous sa veste. Pourtant... une sale bête vint arracher cet espoir d'enrichissement et le mangea sans le moindre scrupule, sous les yeux stupéfaits de Geki.
- Quelle.... Mais... que....
Les mots ne voulaient pas sortir, et l'ascenseur émotif dont Geki venait d'être la parfaite victime lui porta un coup dont il eut du mal à se remettre. Les mots s'entrechoquaient dans sa tête, et il n'était comme plus maître de ses mouvements. Il sortir un tube à essai d'une des ceintures qu'il portait à sa taille, et d'un coup la bestiole tomba raide. Son corps état déjà froid, même glacial, et d'autres charognes s'empressèrent de venir profiter de ce succulent buffet gratuit. C'est ainsi que le soleil commença à illuminer l'endroit, dans une lumière qui s'étendait de plus en plus en direction de la ville. Tout en se relevant, Geki mit les dernières plantes cueillies dans sa besace et se dirigea vers les portes de la ville. C'était la première fois qu'il s'y rendrait.
Devant ces portes gigantesques, dont le sommet forçait ceux qui voulaient le contempler à lever la tête vers le ciel, Geki restait planté. Il ne remarqua le petit groupe d'aventuriers que peu après, lorsqu'ils s'approchèrent pour pénétrer dans l'enceinte de la ville eux aussi. Ils semblaient très étranges, vêtus ainsi de masques lui rappelant le théâtre de son ancienne Académie. Voulant s'étirer, il bouscula l'un de ces inconnus, un grand capuchonné.
- Ah! Je suis sincèrement navré, c'était involontaire de ma part, j'ose espérer que vous saurez pardonner ma maladresse. Mais au fait, que venez-vous donc faire dans cette immense ville?
Ah qu'il n'aimait pas parler d'une manière aussi soutenue, c'était à s'inoculer l'âme d'un troll1. Lui qui était passé maître dans l'art de la dissimulation des sentiments, après avoir passé toute une semaine à chercher une plante quasi-disparue et l'avoir vue se faire dévorer sous ses yeux l'empêcha de le faire correctement. Si son interlocuteur était un minimum malin, il comprendrait très vite que Geki ne pensait pas un traître mot de ce qu'il disait mais qu'il restait tout de même un peu confus. Il n'était pas sans coeur, tout de même.
- C'est la première fois que je visite Deux-cent-tours, et je dois avouer que ce que j'en vois de l'extérieur me paraît très intéressant. D'ailleurs, savez-vous pourquoi tant de monde se réunit autour de cette scène?
Une scène... quelle plaisanterie! Ce qu'il voyait n'était rien de moins qu'une potence, et les bras de la Mort étaient prêts à accueillir quiconque devrait passer la corde à son cou. Restait à savoir qui étaient ces inconnus. Peut-être que le Destin en ferait les compagnons de Geki, car après tout il était très capricieux et l'ironie dont il savait faire preuve provoquait bien des rires jaunes.
1 : Pure blague de calligraphe. S'injecter une âme alors qu'on en possède déjà une peut entraîner la mort et les trolls dégagent une telle odeur et leur laideur est tellement pestilentielle qu'être trop près de l'un d'eux est fatal MWAHAHAHAHAHAHAHAHA *sort* | |
|  | | Gérard Le Rêveur.


Messages : 125 Puissance : 4444 Date d'inscription : 22/05/2010 Localisation : Hors du système.
Feuille de personnage Race: Humain Classe: description: Il a un tatouage au dessus de l'oeil droit, et il dort très souvent.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Jeu 28 Juil - 18:34 | |
| Gérard avait récupéré son grand manteau, puisque la jeune fille à qui il l'avait prêté ne frissonnait plus. Il avait de fait rendu son masque à Owein avec un certain dédain. Et Laly ronflait toujours, sur le dos de son compagnon Eliot. Alors qu'ils se demandaient s'ils devaient passer avec leurs masques suspicieux sur la tête, et un gros chien portant une fille endormie, un parfait étranger aux allures de paysan les accosta. Il parla d'une scène. Aussitôt, Gérard pouffa. Alors que Túrin répliquait déjà, il l'arrêta d'un signe de la main avant de prendre la parole :
<<Comment cela, une scène ! C'est effectivement le cas. Un théâtre de rue, et nous en sommes les principaux acteurs. Et vous dites que vous n'avez jamais visité Deux-cent tours auparavant ? Mais d'où diable pourriez-vous bien sortir ? Toujours est-il qu'il ne fait pas bon d'attendre au dehors des murs de la cité, nous devrions nous presser de rentrer. Messieurs les gardes, je suppose que vous nous avez entendus ?>>
Gérard tapa sur l'épaule d'un des gardes d'un geste affectueux, et le garde se retrouva comme par magie avec une grande bourse entre les mains. Il la soupesa d'un air qui donnait l'impression d'être corrompu. Il hocha la tête, remerciant la chance.
<<Mouais, je vous ai bien entendus. Et vous, les autres, vous avez entendu ? -Ouais, une pièce de théâtre. -Ouais, c'est ça ouais.>>
Les gardes sont si corruptibles, de nos jours. Ils n'ajoutèrent rien et regardèrent le sol, prétextant remarquer un pavé pas tout à fait droit, peut-être. La petite troupe composée d'un demi-dieu, d'un animalitos ménestrel, d'une sorte de spectre sans visage, d'une fille endormie transportée par son animal de compagnie et d'un personnage qui venait de s'inviter au groupe, passa sous leur nez aussi banalement qu'il pouvait en être avec leurs grands masques de comédie sur la tête. Les passants n'y prêtèrent aucune occasion, dans la capitale, on croisait de tout et de rien. Ils purent même voir un étranger avec un long chapeau noir, tout du moins, il leur sembla l'apercevoir au loin... Une fois la grande porte passée, et leur présence suspecte "oubliée", ils continuèrent leur discussion. Discussion à sens unique puisque Gérard, apparemment heureux d'avoir une nouvelle personne à connaître, noyait son interlocuteur sous son flot de paroles.
<<Mon nom est Gérard Mans-Vussela. Vous pouvez m'appeler Gérard, puisque (bien sûr !) je suis aimable et poli. Un petit conseil avant que nous ne nous séparions... Vous ne devriez pas rester par ici. Un... spectacle se prépare. Puisque vous venez d'arriver, j'aurais aimé vous accueillir dans ma demeure personnelle, mais le temps me manque. Passez plus tard, je suis sûr que ma femme et mes enfants se feront une joie de vous recevoir ! Je vais tout de même vous guider quelque peu : par ici, c'est la grand-place, là où la "scène" se trouve. Le marché et par là, et enfin... Dites, vous m'écoutez ? Auriez-vous, par hasard, quelque histoire malencontreuse à nous conter ?>>
L'autre semblait perdu. Avait-il reçu une mauvaise nouvelle plus tôt dans la matinée ? Gérard semblait (oui, il semblait) tout de même heureux de pouvoir parler à quelqu'un de manière soutenue, il le faisait toujours, mais dernièrement, il n'avait pu déployer la pleine mesure de son art. On aurait dit qu'il espérait grandement que son interlocuteur continuerait à parler de manière raffinée.
Il était toujours comme cela. Il n'était qu'une créature encapuchonnée, sans visage, qui se jouait de tout et de rien, il changeait de sujet à chaque instant et ses démarches psychologiques étaient incongrues et quasi-impossibles à suivre. Mais il forçait le destin à changer les choses pour lui. Bien sûr, comment savoir s'il avait effectivement une demeure et une famille à Deux-cent tours ? Il n'avait jamais parlé de lui-même. | |
|  | | Geki Summertime


Messages : 4 Puissance : 3493 Date d'inscription : 20/07/2011 Age : 32 Localisation : Pourquoi le dire?
Feuille de personnage Race: Humain Classe: Calligraphe description: Vêtu d'un long manteau blanc cachant un tissu vert qui entoure sa taille, au-dessus duquel des ceintures contenant plusieurs tubes à essais sont portées. Il porte également un bandeau qui recouvre une partie de ses yeux.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Jeu 28 Juil - 19:56 | |
| Cet encapuchonné... mais qu'est-ce qu'il pouvait déblatérer! Je me noyais sous ses paroles, il n'arrêtait pas une seule seconde, c'était étouffant, c'était ennuyant, c'était insoutenable.... J'ai arrêté de suivre après qu'il m'ait dit son nom, Gérard, le reste ne m'intéressait pas du tout.
- Enchanté. Cela pourra vous paraître étrange, voire même dédaignant, mais je ne révèle jamais mon nom, et me fais connaître sous le pseudonyme de Gekigami, Geki, au mieux. Et... maintenant que je suis plus proche de la "scène", je me rend bien compte que c'est une potence, la plus grande partie était cachée par une maison. Je vous remercie de vous être ouvertement moqué de moi... m'enfin je pense que cette semaine sans sommeil n'était pas sans conséquence... Bref. Pour répondre à votre question, non je n'ai aucune histoire malencontreuse à vous raconter, car mon passé ne regarde que moi, ou alors les personnes proches de moi, ce qui n'est pas votre cas étant donné que nous venons à peine de nous rencontrer. Pour terminer, je vois bien que vous n'êtes pas une troupe venue pour représenter une pièce. Vos masques serviraient plutôt à cacher votre réelle identité, et j'ai vu votre épée avant que vous ne revêtiez cette cape. Si vous m'aviez parlé d'un cirque, cela aurait pu peut-être fonctionner, mais une pièce de théâtre... c'était trop gros. Peut-être que votre enthousiasme, apparemment réel, vous aura causé plus de tort que de bien.
L'un des passants, venu pour "admirer" le "spectacle", me dévisagea suite à mes explications. Je lui offris un léger regard glacial, mais suffisant pour lui faire tourner les talons et ne plus revenir vers moi.
- A présent, la seule chose que je me demande c'est : Si vous êtes ici, que vous avez pris la peine de me mentir et de me dire de ne pas rester dans les environs, est-ce que c'est parce que vous comptez intervenir d'une quelconque façon dans cette... tragédie? Je ne peut m'empêcher de marquer un temps avant de terminer ma phrase. J'avais horreur de ces exécutions, et encore davantage si elles étaient publiques. Ces imbéciles qui se délectent d'un tel spectacle, qui se réjouissent de baigner dans le sang d'un Homme... Pour une fois, je ne pris pas la peine de cacher mes émotions, et montra très clairement le dégoût que j'avais pour ce genre de représentations. Peut-être que cet homme partageait mon avis... ou peut-être pas. | |
|  | | Gérard Le Rêveur.


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Feuille de personnage Race: Humain Classe: description: Il a un tatouage au dessus de l'oeil droit, et il dort très souvent.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Jeu 28 Juil - 20:34 | |
| Owein et Túrin voulurent intervenir, mais Gérard les arrêta d'un geste. Il semblait plus intéressé, d'un coup. Mais il prit la peine de continuer sur la route de l'ironie quelques instants.
<<Je rêve, ou vous avez dit "M'enfin", entre deux invectives ? C'est d'un rustre ! J'en ai des frissons !>>
Il agita ses doigts, comme pris de convulsions (peut-être pour confirmer ses dires), puis il examina la bourse de "Gekigami". Il la soupesa, d'un air circonspect.
<<Hum, elle n'est pas bien lourde, votre bourse. Êtes-vous pour le moins sûr d'avoir un endroit où dormir ce soir ?>>
Gérard la rendit à Geki d'un air serein, puis se retourna vers ses deux compagnons, toujours aussi confiant. Quand il refit face à son interlocuteur, il semblait avoir changé. C'était comme si... Ses yeux avaient changé. Sa voix aussi.
<<Très bien. Nous allons aller droit au but. Deux jolies jeunes princesses vont être exécutées sur la place publique, ici-même. L'une est déjà promise à l'un de nos compagnons, et de toute manière, cette exécution ne nous plait pas. Nous sommes donc venus l'empêcher. Que diriez-vous de nous joindre à nous ? En échange, vous gagnerez une bonne part d'argent, après tout, vous n'imaginez pas ce que valent les coffre-forts d'une princesse, n'est-ce pas ? -Gérard, qui est la deuxième princesse dont vous parlez ? -Eh bien, Kalannar, bien sûr. Ne me dites pas qu'avec ses longs cheveux noirs et ses vêtements trop courts, vous pensiez que c'était un homme ? Très bien, Gekigami, que dites-vous ? Acceptez-vous mon... Notre marché ?>> | |
|  | | Geki Summertime


Messages : 4 Puissance : 3493 Date d'inscription : 20/07/2011 Age : 32 Localisation : Pourquoi le dire?
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 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Jeu 28 Juil - 21:13 | |
| Incroyable. Bien que je n'y croyais pas trop, ils partageaient effectivement mon point de vue sur ces massacres, ou en tout cas sur celui-là.
- Amusant votre façon de changer du tout au tout. (oui, c'est bien lui qui dit ça *sifflote*) Bon, apparemment nous partageons le même point de vue en ce qui concerne cette exécution, bien que mon ressentiment se porte à chacune d'entre elles et pas seulement à celle-ci. Je serais ravi de vous aider, mais sauver des princesses contre de l'argent... non, je préfère m'arranger pour pouvoir plutôt trouver un objet intéressant à la place, car l'argent est très simple à trouver. Avec toutes les plantes que j'avais réussi à obtenir la nuit passée, j'en avais pour un montant plus que confortable, après tout.
Peut-être pourrions-nous faire un peu plus ample connaissance, et peut-être pourriez vous également me parler de ce que vous comptez faire, et surtout comment vous comptez le faire, pour mettre fin au carnage.
Permettez-moi de vous décrire un peu mes méthodes, pour que peut-être vous puissiez améliorer encore votre plan, si plan il y a. J'utilise des aiguilles, de différentes longueurs et largeurs, et je peux les allonger davantage grâce à des estampes placées dessus qui leur confèrent également différentes capacités, comme par exemple d'empoisonner ou bien d'absorber le sang. Néanmoins, toutes ces capacités sont limitées, et je préfère causer le moins de morts possibles étant donné qu'il suffirait d'assommer. Grâce à cette méthode de combat, j'ai développé précision, agilité et endurance. Il m'arrive aussi de prôner le pragmatisme.
Si jamais la situation l'exige, je suis en mesure de sceller presque n'importe quoi, mais il y a des choses qui me demandent plus d'énergie et de concentration, comme de sceller une âme ou même toute une zone pour y empêcher l'accès. Le scellage d'une zone est par contre très délicat et je dois tracer le sceau tout autour de la zone, donc plus elle est grande et plus elle demande du temps. Il est arrivé que l'on me demande comment j'arrive à utiliser les sceaux sans plume, pinceau ou autre... je réponds que mes aiguilles s'allient parfaitement bien avec la meilleure encre possible, qui a déjà marqué l'Histoire et qui continue de la marquer en ce moment même.
J'aurais pu dire directement qu'il s'agissait du sang, tout simplement, mais je préfère jouer un peu de cette manière. Pour en revenir à ma méthode, et pour éclaircir un peu plus la chose, j'utilise des aiguilles très fines, qui pénètrent la peau avec une aisance déconcertante et me sers du sang comme lorsque l'on trempe une plume dans de l'encre. Je fais ensuite un très joli tatouage à ma victime avec une très grande vitesse. Sinon, je peux aussi faire le sceau directement dans sa chair, mais ce serait déjà bien plus long.
- Je me suis un peu noyé dans mes propres mots, désolé... Et vous, comment procédez-vous? D'une manière barbare, psychologue, délicate... ou même encore pacifiste?
Il me semble avoir oublié de préciser que je n'utilise toute forme de violence qu'en cas de protection ou d'extrême exception... Tant pis. | |
|  | | Gérard Le Rêveur.


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Feuille de personnage Race: Humain Classe: description: Il a un tatouage au dessus de l'oeil droit, et il dort très souvent.
 | Sujet: Re: Quelques heures avant l'exécution. Ven 30 Sep - 17:32 | |
| - Spoiler:
-
- Owein a écrit:
- Excusez-moi de régler ça à la va-vite de façon un peu honteuse, mais ça fait un mois faut pas déconner non plus...
Qu'il disait.
Après l'incroyable monologue du jeune homme, un lourd silence tomba sur le petit groupe. Un silence qui sembla durer deux mois, en fait. Fort heureusement, Gérard n'en était pas à son premier sauvetage de conversation. Turin était aussi circonspect que pouvait l'être celui qui a passé plusieurs siècles dans une grotte, quant à Owein... Il semblait déçu, tout d'un coup. Comme s'il avait voulu dire quelque chose de légendaire, mais en avait été empêché par un simple faux mouvement de sa langue. Bien entendu, redire cette chose aurait pris trop de temps. Laly dormait toujours. Que se passa-t-il, les deux mois suivants ?Les gens vaquaient simplement à leurs occupations. Parmi eux, des funambules, des saltimbanques, des touristes... La vie, la vie, la vie. Toujours la même chose, jour après jour, et personne ne pense à changer, à changer les choses, à courir, saisir ce qu'il manque à ce monde. Il n'y a aucune beauté dans cette ville. Elle est... Fort ennuyante. Pourtant, il existe des gens hors du commun, précisément parce qu'ils sont communs. Cette ville est remplie de souvenirs. En ce jour d'été, le ciel est bleu, les arbres ont des feuilles vertes et l'eau est aussi claire et scintillante que l'air est pur et vivifiant. Une matinée un peu chaude. Les grillons chantent à tue-tête dans la campagne. C'est un monde doux. Agréable. La nature offre des moments toujours plus délicieux et apaisants. Quant à la ville... Le flot des gens ressemble à s'y méprendre à celui du temps. Des gens marchent partout, tous en quête d'on-ne-sait-quoi. Toujours le même but, probablement. Le bonheur. Ou tout du moins ce qui y ressemble. Un bonheur factice, un bonheur échangeable, remplaçable. Une sorte de monotonie installée, une routine de tous les jours, voilà comment les habitants de Deux-cent-tours définiraient le bonheur. Un tavernier, un client régulier... Tous recherchent la normalité, le sens commun, afin de se sentir non pas égaux au commun des mortels, mais supérieurs, car ils auraient réussi la tâche la plus simple qui soit : être transparent. Peu intéressant, au final, est le destin de ces mortels qui perdent du temps à essayer vainement d'en gagner. Que font-ils de leurs vies ? Ont-ils des rêves, des attentes, des espoirs ? Trop peu d'entre eux en ont, en réalité. Ils subissent le temps et l'espace, se laissent porter par le flot. Personne ne pense à arrêter cette exécution stupide. Ils y assistent, puisque tout le monde semble croire que c'est normal, alors c'est forcément normal, donc ils se doivent d'y être, puisqu'ils sont normaux. Certains regrettent l'époque où ils n'étaient que des enfants, à gambader dans la forêt, dans les collines. L'odeur de l'herbe, les nuages blancs, le soleil lumineux. La terre. Et puis le sable. La mer. L'inconnu. Tous ont perdu ces rêves, ces légendes, ces mythes. Leurs familles ne ressemblent à rien. Seulement un groupe de connaissances qui vivent ensemble, ayant abandonné toute lutte contre le système, et contre la monotonie. Les gens passent, insouciants de l'avenir, ne pensant pas au monde qui les entoure une seule seconde... Les gens. Gérard, donc, après ces deux mois d'observation auprès de la vie en ville, finit par rompre le silence pesant, le silence pesant qui pesait sur eux. <<Et vous chaussez du combien ?>>… Le silence revint s'installer. Au grand dam de l'homme sans visage qui ajouta, se croyant peut-être obligé de surenchérir : <<Comprenez qu'avec toutes les informations que vous nous avez donné... Moi-même ne saurais autant de choses sur tous mes camarades réunis !>>Il tentait réellement d'être drôle, mais lui-même ne riait pas vraiment. Juste un petit gloussement narquois. Parce que ce n'était pas réellement drôle. Il finit par toussoter. <<Tenez, que diriez-vous de ceci ?>>Et, d'un des milliers de plis et replis de sa grande cape, Gérard fit apparaître une feuille de papier, qu'il déplia pour la montrer à Gekigami. C'était un portrait du visage de ce dernier, si réaliste que l'on aurait cru le voir bouger, prendre vie sous ses yeux. <<Magique ? Une feuille de bois de betuos. Malgré ce que certains peuvent en dire, la qualité de son papier est sans égale. Touchez-le simplement en imaginant une image, et elle s'inscrira sur ce papier à la place de la précédente. Bien. Ceci étant dit, je me permettrais de souligner le fait que cette expédition n'est pas dénuée de danger. Mais si vous aussi, êtes fatigué de la solitude, de l'incompréhension, de l'illusion perpétrée par ce monde faux et mensonger, et si l'ennui vous hante au point que vous n'arrivez point à penser, alors... Bienvenue dans le groupe, Gekigami.>>Gérard lui tendit une main amicale, que Geki serra. Destination le château, où l'exécution de Kalannar n'aura peut-être pas lieu, finalement... | |
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