Kalannar Le Calamar (disparu)


Messages : 17 Puissance : 3893 Date d'inscription : 15/07/2010 Localisation : J'erre parmi les saisons.
Feuille de personnage Race: Chimère Classe: berzerk description: Blafard. Si un démon venait à le rencontrer, il en deviendrait pâle.
 | Sujet: L'origine des temps. Mar 23 Oct - 12:58 | |
| Là, juste ici, dans les zones d'ombres des lieux sales, il arpentait les rouages de sa vie grâce à ces quelques pages fissurées et jaunies, rappelant un blé nourri par le soleil couchant. L'errance de l'érudit se fit entrevoir lorsque les pages tournaient, comme autant de cycles et de saisons dénoués qui s'effaçaient à vue d’œil. Outre les récits de vie fuyante, il y avait là l'étalage de nombreux Mondes Anciens, le descriptif détaillé des races dont la témérité n'était plus à prouver, d'autres plus chétives qui avaient disparu depuis maintenant des éons sans que l'on pût comprendre pourquoi cela s'était produit. Un ensemble de concours de circonstances avait prémédité l'assassinat de ces peuples, - sans aucun doute, et ce, dans leur entièreté. Mais cela n'avait de réelle incidence sur le monde en lui-même, qui, présomptueux, tournait toujours autour de son astre amer. Alors il se souvint de ses combats sans peine, de ses vies affublées de mort et de ses prodigieux massacres qui rendaient la difformité des corps semblable à un honneur déifié. Trancher des têtes avait quelque chose de romantique, il suffisait de songer à un autre point de vue, plus... guerrier. Voilà que sa curiosité prît une autre tournure, il avala des dizaines de livres ici, sa seule demeure jusqu'alors, de jours et même nuitamment, dans l'espoir de comprendre ce qu'il était et sera. Mais dans les archives, rien ne figurait à son sujet, du moins pas explicitement. Il ne savait même pas si il était de ce monde, ou si il était tout simplement une anomalie, une excroissance de la nature capricieuse. Peut-être n'avait-il pas réellement envie de comprendre. La réponse était sous ses yeux mais sa sagacité se faisait la malle. Il ne comprit pas, bien que sa constitution fut à la portée de tout le monde. Un monstre, voilà ce qu'il était. Une horreur comme on en trouvait dans la plupart des contes et autres fables aux précisions remarquables. Et pourtant, ces récits étaient chimériques. Mais l'un d'entre eux s'était, en toute vraisemblance, frayé un passage dans la réalité. Voilà qu'il était prostré ici. La bête de l'imaginaire ancrée dans les fondements physiques de la Vérité, la seule.
Il tourna d'autres pages, but d'autres breuvages encyclopédiques, se délectant de chaque mot comme d'un élixir de taverne malfamée. Il ne s'arrêta qu'après des jours et des jours, sans se sustenter ni même entreprendre de boire un verre d'eau. L'immonde curiosité qui l'attisait ne se tarissait jamais, si bien qu'il fût obligé de terminer la moitié des livres présents dans la bibliothèque avant de pouvoir songer à autre chose.
Je ne comprends pas grand-chose. Suis-je donc bête à ce point ? éructa-t-il avant qu'on lui fît signe de se taire car un lieu de sérénité ne pouvait être sujet au brouhaha des penseurs.
Ainsi, il poursuivit sa quête de savoir, ses desseins existentiels ne furent néanmoins jamais pleinement satisfaits, quoi qu'on en dît. Il avait envie de retourner sur les champs défigurés pour abattre de nouveaux ennemis. Il avait envie de flirter à nouveau avec des paysages émanant la pureté pour inoculer son mal et briser la quiétude de la faune et de la flore. Seulement, son inconscient lui dictait le contraire. Alors il n'en fit rien et continua de dormir et de lire.
Une éternité s'était écoulée sur ses mains poussiéreuses. Malgré cela, il n'en savait guère plus. Tout ce qu'il avait pu acquérir jusqu'alors, c'était une frustration grandissante. En somme, il n'avait pu rejoindre les sphères des pensées, inatteignables pour un esprit aussi perfide et ravageur que le sien. Il poursuivit tout de même, inlassablement, pensant qu'un jour, il y parviendrait. | |
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